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- Publié le 8 janvier 2026
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Vous croyez que les États-Unis s'intéressent au Venezuela uniquement pour son pétrole ? La vérité est bien plus vertigineuse : c'est toute la domination mondiale du dollar qui se joue dans cette partie d'échecs géopolitique.
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Et si derrière l'intérêt américain pour le Venezuela, il y avait bien plus que du pétrole ? Et si c'était en fait la défense d'un système entier, celui qui assure la domination mondiale du dollar ? C'est la thèse assez fascinante sur laquelle on va se pencher.
Alors tout commence avec cette question. Une question qui claque. Donald, c'est quoi ton plan B ? Ça pose tout de suite le décor. On parle ici de ce que je présente comme un véritable échec de la stratégie américaine au Venezuela.
L'erreur de calcul de Trump au Venezuela
L'idée d'entrée de jeu, c'est que le plan américain pour renverser le gouvernement vénézuélien, ça n'a tout simplement pas fonctionné comme il l'espérait. Et en fait, ce n'est pas vraiment une surprise. Ce n'est pas la première fois que ça arrive. Ça s'inscrit dans une longue histoire de résistance du pays face aux interventions, disons, soutenues par Washington. On parle d'un coup d'État manqué en 2002, d'une tentative de sabotage pétrolier et d'une défaite électorale pour l'opposition.
La population a enduré énormément de choses, notamment des sanctions économiques très dures. Et le plus révélateur, ce sont les mots de Trump lui-même. Il aurait admis en privé que sa candidate favorite n'avait pas assez de soutiens. C'est assez énorme quand on sait que les médias parlaient d'une victoire assurée à 70 %. Ça montre bien le fossé entre le discours public et la réalité du terrain.
Bon, alors, la question qu'on se pose tous : pourquoi un tel acharnement sur le Venezuela ? Qu'est-ce qui motive vraiment cette obsession ? La première réponse, la plus évidente, c'est bien sûr le pétrole.
La bataille pour le pétrole en surface
En tout cas, c'est bien de cela qu'il s'agit. Une guerre pour mettre la main sur les réserves de pétrole vénézuéliennes qui sont, il faut le dire, gigantesques. Et pour comprendre l'enjeu, mettons en avant un contraste saisissant. Avant Chavez, avant la nationalisation, 80 % de la population vivait dans la pauvreté. Les profits du pétrole ? Ils partaient directement aux États-Unis. La plupart des gens n'avaient jamais vu de médecin.
Et après ? Cet argent a servi à alphabétiser un million et demi de personnes, à ouvrir des cliniques gratuites, à financer des repas dans les écoles. C'est un changement radical. « Voilà ce qu’ils ne parviennent pas à faire ». Un très mauvais exemple à l'Amérique latine que vous considérez comme votre propriété personnelle.
L'idée, c'est que le vrai problème pour Washington, ce n'était pas tant la nationalisation. Non, le vrai crime, c'était de montrer aux autres pays de la région qu'un autre modèle était possible. Un exemple à ne surtout pas suivre.
Mais est-ce que ça s'arrête là ? Est-ce que c'est juste une histoire de pétrole ? Ou est-ce que le pétrole n'est que la partie visible de l'iceberg ? L'analyse basique suggère que oui. Il faut creuser plus loin. Le pétrole ne serait en fait qu'un outil, un levier pour protéger un système bien plus vaste, un système de contrôle économique global.
Et on en arrive au cœur du sujet.
Le pouvoir caché du dollar
C'est là que ça devient vraiment passionnant, en validant toute cette histoire du Venezuela aux fondements même de la puissance américaine. La domination mondiale du dollar est le concept clé. Ici, c'est le pétrodollar.
Qu'est-ce que c'est ? C'est un système qui a été mis en place en 1974 avec un accord entre les États-Unis et l'Arabie saoudite. L'idée est simple mais géniale. Tout le pétrole dans le monde doit être acheté et vendu en dollars américains exclusivement. Et ça, ça crée un cycle incroyablement puissant. Pensez-y : d'abord, tous les pays du monde ont besoin de pétrole ; pour acheter ce pétrole, ils sont obligés d'acheter d'abord des dollars. Ça crée une demande artificielle et permanente pour le dollar.
Et que font les pays producteurs avec tous ces dollars, ces pétrodollars ? Ils les réinvestissent en achetant de la dette américaine. En gros, le monde entier finance le déficit américain, ce qui permet aux États-Unis de vivre au-dessus de leurs moyens.
Un schéma d'intervention
Et donc, si ce système est si vital, il faut le défendre à tout prix, non ? C'est l'argument ! Ça expliquerait un certain nombre d'interventions militaires américaines ces 20 dernières années. Et là, la chronologie est troublante.
Regardez : en 2000, Saddam Hussein en Irak annonce qu'il veut vendre son pétrole en euros, plus en dollars. Trois ans plus tard, invasion américaine. En 2009, Kadhafi en Libye propose une monnaie panafricaine basée sur l'or pour vendre le pétrole. Deux ans plus tard, intervention de l'OTAN. Il existe des emails qui montreraient que c'était une des raisons principales. Le message semble clair : ne touchez pas aux pétrodollars.
Et devinez quoi ? Le Venezuela a commencé à faire exactement la même chose : contourner le système, accepter d'être payé pour son pétrole en yuan, en euros, en roubles. Et là, l'argumentation boucle la boucle. La pression mise sur le Venezuela ne serait qu'un nouvel épisode de cette guerre pour défendre le pétrodollar.
OK, si ce système est si fondamental pour la puissance américaine, la question qui se pose c'est : est-ce qu'il est encore solide aujourd'hui ? Et là, je suggère que non, loin de là. Que toute cette architecture serait en train de faire face à sa plus grande menace à ce jour.
Le système se fissure-t-il ?
Parce que, d'après l'analyse, il y a plusieurs signes qui montrent que le système du pétrodollar est de plus en plus fragile. Et les fissures, elles viennent d'un peu partout. D'abord, le pacte avec l'Arabie saoudite, la pierre angulaire du système qui serait arrivé à expiration en 2024. Ensuite, il y a la montée en puissance des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) qui créent un vrai contre-pouvoir au dollar. Et bien sûr, il y a la Chine et la Russie qui construisent activement des alternatives pour commercer sans utiliser le dollar. Ça vient de tous les côtés en même temps.
Mais le plus fou, le plus surprenant peut-être, c'est que les critiques viennent maintenant de l'intérieur même des États-Unis. Même des figures importantes de la droite américaine commencent à remettre en question toute cette politique étrangère. On a par exemple Tucker Carlson, voix très écoutée, qui dit en gros : on envoie des milliards à l'étranger pendant que nos vétérans dorment sous les ponts. C'est une trahison. C'est un discours qu'on n'entendait pas avant à ce niveau-là. Ou encore Steve Bannon, l’ex-stratège de Trump, qui déclare carrément que l'ordre qui datait d'un siècle au Moyen-Orient est détruit et que la politique américaine ne devrait plus être dépendante d'Israël. Ce sont des changements de paradigme assez profonds.
Et tout ça nous amène à la conclusion suivante : les actions américaines contre des pays comme le Venezuela ne seraient pas du tout un signe de force. Au contraire, ce serait une stratégie mondiale désespérée pour essayer de sauver un système économique qui est en train de s'effondrer.
Ce qui laisse une question en suspens. Une question assez vertigineuse, en fait. Est-ce qu'on assiste à une stratégie de domination mondiale bien huilée ou au dernier combat d'une puissance économique qui sent que son heure est passée ?
Soyez heureux et restez conscients.