Introduction à la conscience

19nov

Introduction à la conscience

13 minutes

  • Mis à jour le 11 juin 2019.

Définition générale de la conscience :

La conscience est une connaissance intuitive ou réflexive immédiate, que chacun a de son existence et de celle du monde extérieur.

C'est une représentation mentale claire de l'existence, de la réalité de telle ou telle chose. Exemple : L'expérience lui a donné une conscience aiguë du bonheur.

En psychologie, la conscience est la fonction de synthèse qui permet à un sujet d'analyser son expérience actuelle en fonction de la structure de sa personnalité et de se projeter dans l'avenir.

 

En parlant de conscience, nous pensons aussi à « inconscient », et même à « subconscient ».

Connaissez-vous précisément la différence entre le subconscient et l'inconscient ?

Le subconscient est sous la conscience et l'inconscient est l'absence de conscience.

Le neurologue et psychanalyste Sigmund Freud définit l'inconscience comme une instance du psychisme extérieure et indépendante de la conscience qui nous détermine à notre insu. Comprenez par cela que notre inconscient fait partie de nous, et est extérieur à nous. C'est-à-dire qu'il nous appartient, sans que nous n'ayons à nous y identifier.

Pour mieux comprendre, par exemple, si nous étions une très belle et très grande propriété. Le conscient, que l'on appelle notre conscience serait la maison et l'inconscient serait le terrain sur lequel est bâti cette maison.

 

 

Le terrain nous appartient, il est en dehors de la maison, et surtout, le terrain n'est pas nous, nous n'avons pas à nous identifier au terrain.

Le subconscient fait aussi partie de l'inconscient car il n'est pas notre conscience.

Le subconscient ne juge pas, ne fait pas la différence entre le bien et le mal, entre le réel et le virtuel, entre le positif et le négatif.

Il est dans la neutralité, en opposition à notre monde de dualité.

Toujours dans ce schéma du terrain et de la maison, le subconscient faisant partie de l'inconscient, donc du terrain, il se trouve partout, aussi bien sous terre, en surface et dans les airs.

Nous avons conscience de notre maison, son état intérieur et extérieur. Les couleurs que l'on utilise pour la décoration, les meubles à l'intérieur, etc.

 

A) Définition de la conscience.

Elle est mentale, et non physique.

Il existe pourtant une relation entre le mental et le physique. Si je pense à lever ma main, elle le fait physiquement.

Nous voyons qu'il y a une liaison entre les deux, ils sont différents quand même : c'est ce que l'on appelle le « dualisme cartésien ».

Dans les sciences on ne fait pas intervenir de principes non physiques, donc on applique le principe du « physicalisme ».

Dans le physicalisme, on considère que le cerveau est égal à l'esprit.

La conscience est une expérience individuelle (on ne sait pas ce que ressent l'autre même si on peut se l'imaginer).

La conscience peut être liée à notre cerveau car le cerveau est en éveil quand nous sommes conscients. L'activité neuronale est plus forte quand nous sommes conscients.

 

 

B) La thèse de la réalisabilité multiple.

La thèse de la réalisabilité multiple, c'est ce que l'on pourrait appeler plus communément un système d'entrées et de sorties.

Une calculatrice a des fonctions pour donner des résultats, notre esprit également, nous appelons cela le « fonctionnalisme ».

 

 

La pensée n'est pas un processus biologique du cerveau, c'est la fonction qui réalise ce processus. Nous transformons des entrées sensorielles (nos sensations et nos perceptions) en comportements.

De ce point de vue, si une intelligence artificielle est très avancée et est capable de faire des processus comme un humain, nous pourrions dire qu'elle a une conscience. Cette intelligence artificielle en revanche n'aurait pas d'âme. J'y reviendrais ultérieurement.

 

Notre perception est exprimée avec les qualia, elle est différente entre chaque individu. Un qualia est une propriété de la perception, il vient du latin « qualis » qui signifie « quel ». Dans le sens de : « quelle sorte, quelle nature ? »

Le qualia s'appelle aussi « conscience phénoménale », c'est la conscience d'un phénomène interprété par l'expérience d'un état mental.

D'admettre que nos perceptions sont toutes différentes, les unes des autres, c'est retourner au principe du « dualisme cartésien ».

La conscience d'accès, c'est notre capacité à accéder à un contenu mental d'une façon volontaire et contrôlée. C'est notre capacité à rapporter un contenu verbalement ou physiquement. Nous appelons cela la « rapportabilité ». C'est faire un rapport.

A l'inverse, la perception inconsciente est l'incapacité d'accès à ce contenu mental.

 

 

C) Le test de Turing.

Certains ordinateurs ont une conscience, disons plutôt que des scientifiques témoignent que certains robots le revendiquent.

Le test de Turing, décrit par Alan Turing en 1950, consiste à mettre un humain en discussion avec un ordinateur et un autre humain. Ce test permet de mesurer la faculté d'une machine à imiter la conversation humaine. Le test dure quelques minutes.

 

 

Si un humain n'est pas en mesure de déterminer s'il dialogue avec un humain ou une machine, alors nous considérerons que l'intelligence artificielle aura réussi ce test.

Aujourd'hui très peu de programmes d'intelligence artificielle ont réussi. Les meilleurs résultats avoisinent les 60% de succès. La différence importante entre le test de Turing et la conversation innocente d'un humain et d'une machine, est que lorsque l'humain fait ce test, il sait que dans les participants il y a des machines. Il va donc chercher activement à travers sa conversation, la faille du programme de la machine.

En dehors de ce test, aujourd'hui les meilleurs programmes face à certains humains pourraient se faire passer pour un autre humain.

 

 

D) Le cerveau.

Le conscient du cerveau représente 7 à 10% de l'activité cérébrale, contre 90 à 93% pour le reste.

 

 

Le cerveau gère 4 à 7 informations par seconde. L'activité cérébrale consciente est très gourmande en énergie, c'est pourquoi nous sommes souvent dans les automatismes et les habitudes. Le cerveau est bien mono-tâche contrairement à ce que certains peuvent penser.

L'illusion du multitâche réside uniquement dans notre faculté à passer rapidement d'une tâche à l'autre. Cette gymnastique mentale pervertie notre concentration. Elle amène à croire que nous pouvons gérer plusieurs actions en même temps et de ce fait, diminuer notre pouvoir de concentration.

Le subconscient serait capable d'enregistrer 11 millions d'informations en même temps. En réalité nous n'avons pas encore la possibilité de comprendre précisément son fonctionnement.

Le cerveau va choisir ce qu'il faut gérer de manière consciente, les autres informations sont enregistrées automatiquement dans notre subconscient.

Le conscient est en décalage avec le subconscient qui analyse avant les informations. Notre cerveau est en perpétuelle évolution. Il enregistre et efface aussi l'information. Il est vivant. Contrairement à un ordinateur, il tente toujours de gagner physiquement en efficacité.

La liaison entre les neurones s'appelle une synapse (du grec « σύναψις », « syn » = ensemble, et de « haptein » = toucher, saisir ; signifiant connexion).

Nos pensées et croyances étant stockées dans nos neurones, les synapses permettent d'y accéder. La synapse est comme une route. A chaque instant, cette route peut devenir plus importante, plus solide, plus large, et elle peut aussi aller jusqu'à disparaître. Si la liaison n'est plus utilisée, le cerveau décide de la supprimer.

A l'inverse, une croyance forte, fera des synapses fortes. Ce que l'on appelle la programmation neuronale, c'est le fait de modifier ses synapses, une facette de la méthode Neurosatis.

C'est un processus du cerveau de chaque instant.

Voyez le cerveau comme un super calculateur. Il est très économe en énergie. Il existe et est programmé pour notre survie. Souvent ses réactions sont en décalage avec notre société, car aujourd'hui, on risque moins sa vie qu'il y a des milliers d'années.

 

Voici un exemple de ce décalage.

Ce que nous voyons par l'œil : pénètre par nos pupilles sous forme de faisceau lumineux. Au fond du globe oculaire, la rétine a des cellules qui codent l'image sous forme d'impulsions électriques transmises au nerf optique.

 

 

50 millisecondes plus tard les informations arrivent aux cellules nerveuses du thalamus : le gardien de la conscience. Le thalamus envoie l'information au cortex visuel primaire. Il peut aussi l'envoyer à d'autres parties du cerveau pour réagir vite en cas de danger par exemple. L'Amygdale cérébrale, le pivot de la peur peut enchaîner une série de réflexes.

Après 150 millisecondes on est déjà en train de réagir. L'image dans notre tête est maintenant décortiquée par différents programmes de notre cerveau et arrive finalement en 300 millisecondes à notre conscience.

De ce fait, le cerveau peut aussi modifier ce que nous percevons du monde réel, parce que cette analyse est réalisée avec notre banque de données interne, analysée avec notre mémoire, avec nos souvenirs, etc.

Cette différence de traitement, ce décalage peut expliquer notamment l'impression de « déjà-vu ». Avoir l'impression d'avoir déjà vu quelque chose alors que c'est la première fois que cela arrive. Parfois nous parlons de la différence de vitesse de transmission de l'information entre l'hémisphère gauche et l'hémisphère droit de notre cerveau.

 

 

E) La conscience objective.

Par opposition à la conscience subjective, elle est intérieure à nous-même. Il est nécessaire de remettre en question notre « petit soi » qui est l'ego.

Quand il y a conscience, l'activité neuronale est étendue et l'information va pouvoir être rapportée. Chaque pensée est codée par quelques milliers de neurones (sur 86 à 100 milliards).

Certains neurones sont spécifiques à certaines réactions.

La conscience permet de changer la manière de fonctionner de notre cerveau. On active les régions du néocortex.

Le cerveau est programmé pour notre survie. Il est en décalage avec notre vie moderne, c'est pourquoi il est important d'être conscient pour comprendre et entreprendre les changements à opérer.

 

 

Quand on est conscient de soi on peut modifier les émotions inadéquates, parce que nous contrôlons les pensées qui les causent. C'est une conséquence neurochimique de la manière dont les souvenirs deviennent instables lorsqu'ils sont récupérés et comment ils sont restaurés par le biais de la synthèse des protéines.

L'auto observation modifie profondément la façon dont notre cerveau fonctionne. Il active les régions autorégulatrices du néocortex qui nous donne une quantité incroyable de contrôles sur nos sentiments. Chaque fois que nous le faisons, notre rationalité et notre résilience émotionnelle sont renforcées. Cela se traduit par le renforcement de nos synapses.

 

Lorsque nous ne sommes pas conscients de nous-même, nos pensées et nos actions sont impulsives. Pour nous protéger, notre cerveau reconstruit ces souvenirs d'une autre manière, pour nous donner l'illusion que nous étions dans le contrôle de nos actions. Nous appelons ce phénomène « l'autorationnalisation ».

Un exemple d'autorationnalisation est quand vous regardez d'anciennes photos, vous vous rendez compte que vos souvenirs peuvent être parfois bien différents de ce que vous voyez.

Il n'y a pas de localisation spécifique de notre conscience dans le cerveau. Nous changeons en permanence notre système de connexions neuronales, ce qui altère notre système parallèle : notre conscience.

Le cerveau veut toujours économiser de l'énergie et nous suggère d'être dans la conscience, seulement quand une nouvelle situation se présente ou qu'il juge que nous devrions prendre le contrôle.

Quand nous conduisons par exemple, nous pouvons être « perdus » dans nos pensées, et ce ne serait que lorsqu'un événement inattendu se produirait, que notre cerveau nous rappellerait à la conscience.

 

 

F) Les neurones miroirs.

Les neurones miroirs sont une catégorie de neurones du cerveau qui présentent une activité, aussi bien lorsqu'un individu exécute une action, que lorsqu'il observe un autre individu exécuter la même action, ou même lorsqu'il imagine une telle action.



Le cerveau ne fait pas la différence entre le réel et nos pensées.

L'hémisphère gauche du cerveau est responsable de notre système de croyances afin de garder une certaine continuité de nos vies. Quand une information diverge de nos croyances, elle est tout simplement exclue. Il préserve l'intégrité du modèle que l'on s'est donné.

L'hémisphère droit fait l'inverse. Il remet en permanence en question ce qui est établi, dans un souci d'amélioration. Si l'hémisphère gauche a enregistré trop de discordances, c'est le droit qui révise l'information. Dans le cas de croyances trop puissantes, le cerveau droit ne pourra rien y faire. Les synapses sont trop importantes pour être modifiées. Le cerveau droit ne pourra pas dominer ce refus.

Ce phénomène peut créer une confusion profonde.

Encore un exemple de l'importance d'être conscient pour pouvoir remettre en question certaines croyances.

Quand une connexion neuronale qui définit physiquement notre système de croyances n'est que trop peu développée ou partiellement inactive, alors notre conscience (qui est l'unité de tous les circuits séparés et actifs à ce moment) peut se séparer de l'activité de nos neurones miroirs. En d'autres termes, la conscience va permettre de supprimer cette croyance, donc de modifier ses synapses.

La convergence des interactions neuronales s'exprime comme une conscience. A chaque instant les connexions sont différentes, donc nous sommes nous-mêmes différents parce que nous passons par des états physiques différents.

Nos neurones miroirs vont nous servir à construire l'identité que nous avons de nous-même.

Il y a une dimension supplémentaire à comprendre.

La synergie de nos neurones qui crée notre conscience oscillante, va au-delà de nos propres neurones. Nous sommes également le résultat de nos deux hémisphères cérébraux qui interagissent par voies électrochimiques. Nous sommes des sens reliant des neurones à d'autres neurones dans notre environnement.

Il s'agit de la propriété de base des neurones miroirs qui nous permettent de nous comprendre à travers les autres.

Les conséquences psychologiques d'un système de croyance objectif, permettent une conscience de soi sans lien au « Soi » imaginaire, ce qui provoque une augmentation impressionnante dans la clarté mentale, dans la conscience sociale et dans ce que l'on appelle « être dans l'instant présent ».

C'est dans cet état d'être que le cerveau, et par extension le corps, sont plus épanouis et plus productifs.

 

 

G) La catégorisation.

Notre manière de vouloir tout catégoriser, pour simplifier certains processus, dans l'hypothétique but d'optimisation du fonctionnement de nos pensées, fait tendre le cerveau vers des processus cognitifs dysfonctionnels.

La croissance et ses effets secondaires évolutifs tels que l'accomplissement de soi ou le bonheur sont stimulés lorsque nous sortons de ce schéma d'étiquetage.

Autrement dit, nous voulons mettre les gens dans des cases. Quand nous nous trouvons nous-même dans une case, notre être se sent amoindri. Consciemment ou inconsciemment, nous en sommes plus ou moins déstabilisés.

 

 

Nous croyons gagner du temps ou simplifier les traitements du cerveau alors que c'est tout l'inverse. Nous nous opposons directement à notre nature profonde d'être humain.

Par exemple, vous posez cette question lors d'une nouvelle rencontre : « Quel est ton boulot ? »

Nous mettrons la personne dans une case avec toutes nos croyances associées. C'est une forme de jugement.

« On appelle un système de croyances, pour écarter sa conscience. »

Nous pouvons avoir plusieurs vues différentes de nous-même, potentiellement en désaccord les unes avec les autres. Ce sont des catalyseurs neuropsychologiques qui nous encouragent à reconnaitre les autres, et à accepter rationnellement des nouveaux systèmes de croyances.

C'est un effet naturel, propice à la bonne revalorisation de soi par exemple, ou la remise en question valorisante de l'autre.

En stimulant ce type d'activité neuronale, nous baissons notre besoin de distraction et de divertissement et cela favorise les comportements constructifs dans notre cerveau.

En d'autres termes, lorsque l'on s'intéresse à la condition de soi, à sa conscience et à son état d'être, cela devient une source de satisfaction qui améliore nos capacités cérébrales.

 

 

H) Les limites de la science.

L'homme moderne prend de plus en plus conscience de son état d'être. C'est pour cela que certains s'orientent vers une position spirituelle pour tenter d'expliquer le fonctionnement de notre conscience.

La science est incapable de répondre aux questions existentielles de « pourquoi moi ? » et « qui suis-je ? » car la science est dans le physicalisme.

 

Voici la transition pour la suite de mon programme : « Conscience et philosophie ».