Conscience et philosophie

21nov

Conscience et philosophie

6 minutes

  • Mis à jour le 15 mai 2019.

C'est la 2e partie de l'Introduction à la conscience : découvrez la première partie en suivant ce lien.

 

L'objectif de cette partie philosophique est de vous proposer une autre version de la conscience. J'ai volontairement effleuré un certain nombre de notion pour rester concis et compréhensible au plus grand nombre.

Gardez à l'esprit que ces notions sont nécessaires pour entreprendre la compréhension plus globale de l'ensemble de cette « introduction à la conscience ».

 

 

1) Le problème du corps et de l'esprit.

René Descartes, né en 1596, était philosophe, mathématicien et physicien.

Le problème du corps et de l'esprit est tiré de son ouvrage « Méditations métaphysiques » écrit en 1641. Nous nous intéressons ici à la certitude et au doute.

Nous pouvons être certains, c'est l'inverse du doute. Pourtant, nous pouvons être certains de quelque chose, et que cette chose soit fausse. Un exemple simple, si je suis certain que la Terre est plate, elle n'est pas plate pour autant.

 

Il en arrive trois points :

1) L'âme, vient du latin « anĭma » qui signifie « vent », « air », « souffle ».

2) Je suis sûr de mon mental car l'existence de l'âme est certaine.

3) J'ai des doutes sur mon physique, par mes perceptions. Celles du corps qui sont incertaines.

Donc l'esprit et le corps sont bien distincts.

 

La certitude absolue, c'est l'absence de doute, l'impossibilité de doute plus précisément. C'est une certitude irréfutable, indéniable, incontestable, indubitable…

Nous doutons pour trouver la certitude. Une formulation des hypothèses comme en mathématiques.

« Est-ce que je rêve ? » C'est l'illusion du vrai sans l'être, donc je doute.

 

La réalité est le fruit de nos perceptions. Donc je doute du monde réel.

Je pense ce à quoi je doute. Je ne peux douter que je pense, car je dois penser pour douter.

On peut douter de tout, sauf du doute lui-même. A part de ce qui créé le doute, du phénomène qui engendre le doute.

Je suis certain de penser.

« Cogito ergo sum », la célèbre citation : je pense donc je suis.

Je doute du monde, je suis certain que je suis moi et que j'existe. Seulement moi, peut-être que vous n'existez pas. Tout le monde peut se dire la même chose.

Je vis peut-être dans une grande simulation ! Comme dans les films « Matrix » ou « Passé virtuel » par exemple.

Ego sum, ego existo : je suis, j'existe !

 

 

En mettant le doute sur le monde matériel, mon corps étant de ce monde, je doute de mon corps.

Le corps est donc différent de l'esprit.

Pourtant il y a des interactions entre les deux.

Esprit à Volonté à Matière : Je pense à quelque chose, j'ai la volonté d'agir, je modifie la matière.

Matière à sensations/perceptions à Esprit : Un événement se produit, je le perçois, je l'interprète avec mon esprit.

René Descartes disait : « Je ne suis pas seulement logé dans mon corps ainsi qu'un pilote en son navire, je suis l'union de l'esprit et du corps. »

Donc c'est le contraire du « dualisme ».

Monsieur Descartes finit par écrire à Élisabeth de Bohême en 1643 (par sa liaison épistolaire) :

« C'est en usant seulement de la vie et des conversations ordinaires, et en s'abstenant de méditer et d'étudier les choses qui exercent l'imagination, qu'on apprend à concevoir l'union de l'âme et du corps. »

 

2) Le matérialisme.

La notion de « matérialisme », c'est : l'esprit est dans le corps.

 

 

Pour bouger quelque chose dans la nature, il faut lui donner de l'énergie par un mouvement par exemple. (Une feuille tombe de l'arbre car elle se détache et profite de l'attraction terrestre : c'est naturel.)

Mon mental (non physique) agit sur mon corps (physique) donc c'est surnaturel. Cela défie les lois de la nature.

C'est bien expliqué par Gottfried Leibniz dans sa théorie « Harmonie préétablie ».

Il n'y a pas d'interaction entre corps et esprit, seulement l'illusion.

Si le cerveau devient une machine (dans le cas d'une intelligence artificielle par exemple) et qu'elle remplit une fonction comme celle de l'esprit, nous l'appellerions le « fonctionnalisme ».

La machine a une conscience artificielle (non biologique). Pourtant, en 2015 nous apprenons l'existence d'un ordinateur biologique. Nous arrivons ainsi, à des machines biologiques qui peuvent avoir une conscience. Comme elles ne sont pas considérées comme vivantes, elles n'ont pas d'âme.

  

3) Le scepticisme.

Pyrrhon (360-275 avant J.C.) est le fondateur des sceptiques.

Quand vous regardez l'orthographe de son nom, vous aussi, vous pourriez devenir sceptique. lol

Il détruit les règles d'inférences. Ce sont les règles qui fondent un processus de déduction.

Comme dans les « paradoxes de Zénon d'Elée » par exemple. Si on ne règle pas une logique, les réflexions sont incessantes.

 

 

Le philosophe sceptique antique Agrippa (fin du 1e siècle après J.C.) a laissé son nom à un trilemme, le « trilemme d'Agrippa ».

Pour que quelque chose soit une connaissance, il faut réunir trois points.

1)        Croire que c'est vrai.

2)        Etre sûr que c'est vrai.

3)        Prouver que c'est vrai, la connaissance doit être justifiée.

Nous pourrons dire que la connaissance est une croyance vraie justifiée.

 

Il n'y a que trois formes de structures pour expliquer une connaissance :

- Par une régression à l'infini (regressio ad infinitum) : nous prouvons « A », parce que « B », parce que « C », etc.

- Par une boucle vicieuse (circularité logique) : nous prouvons circulairement des affirmations.

- Arrêt dogmatique (rupture transcendante), comme pourrait être défini un postulat.

Nous choisirons la 3e forme : l'arrêt dogmatique. C'est une sorte de « cohérentisme », puisque cette connaissance sera le fruit d'une croyance vraie parce qu'elle fait partie d'un système cohérent de croyances, n'en déplaise à Pyrrhon.

On pourra parler aussi de connaissance par expérience directe.

 

4) Conclusion.

Nous nous plaçons dans le système du fonctionnalisme. Nos connaissances reposent sur des croyances non justifiées mais que nous admettons comme certaines.

C'est ainsi que nous ne pourrons pas justifier qu'il y a un monde extérieur créé par nos perceptions.

 

 

L'écrivain et philosophe Jean-Paul Sartre (1905-1980) disait :

« L'existence précède l'essence ».

C'est en ayant conscience de nous-même que nous sommes.

« L'homme existe d'abord, se rencontre, surgit dans le monde, et qu'il se définit après […] L'homme n'est rien, il ne sera qu'ensuite, et il sera tel qu'il se sera fait. »

 

C'est ce que nous pouvons appeler aujourd'hui le « personal branding ». Une nouvelle manière de répondre à la question « qui suis-je ? ».

 

Pour finir, voici une citation d'Albert Einstein :

« La connaissance s'acquiert par l'expérience, tout le reste n'est que de l'information. »

 

Que pensez-vous de cette conscience philosophique ?

Dans la 3e partie de la conscience, elle sera abordée avec la spiritualité.